Composition en mai 1944.

- Etat-major de la Division : 141 h
- 2 SS-Panzer Regiment : 2 401 h (SS-Ostubaf Christian
Tychsen)
- 3 SS-Panzer Grenadier Regiment « Deutschland » : 3 242 h (SS-Ostubaf
Günther Wisliceny)
- 4 SS-Panzer Grenadier Regiment « Der Führer » : 3 242 h
(SS-Staf Sylvester Stadler / SS-Ostubaf Otto Weidinger)
- 2 SS-Panzer Jäger Abteilung : 513 h
(Chasseurs de chars)
- 2 SS-Stumgeschütz Abteilung : 344 h (SS-Stubaf August
Krag)
- 2 SS-Panzer Artillerie Regiment : 2 167 h (SS-Staf Karl Kreutz)
- 2 SS-Flak Abteilung : 824 h
(DCA)
- 2 SS-Werfer Abteilung : 473 h
- 2 SS-Panzer Nachrichten Abteilung : 515 h (Transmissions)
- 2 SS-Panzer Aufklärungs Abteilung : 942 h (SS-Stubaf Heinrich Wulf) (Reconnaissance)
- 2 SS-Panzer Pionier Bataillon : 984 h (SS-Stubaf Siegfried Brosow) (Génie)
- 2 SS-Wirtschafts Bataillon (Intendance)
- 2
SS-Nachschubdienste (Train)
- 2 SS-Instandsetzungabteilung (Maintenance)
- 2 SS-Sanitäts Abteilung (Santé)
- 2 SS-Feldersatz Bataillon (950 h)
La Das Reich en Europe.
La division, à l’origine la SS-Division Verfügungstruppe (V-T), composée notamment des régiments Deutschland, Der Führer et Germania, participe à l’invasion des Pays-Bas et de la France en 1940. En avril, elle combat en Yougoslavie et s’empare de Belgrade. Peu après, la division est déplacée en Pologne en vue de l’attaque de l’Union soviétique.
La Reich, intégrée dans le groupe d’armées Centre, combat dans la région de Smolensk et se situe à la pointe de l’offensive allemande. Elle est stoppée à quelques kilomètres de Moscou en décembre 1941, et subit d’importantes pertes durant l’hiver 1941/1942 face aux troupes russes passées à l’offensive. De juin 1942 à février 1943, la division est envoyée en repos en France dans la région de Rennes. Elle est mise en alerte lors de l’occupation de la zone libre suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942.
Début 1943, la division est rappelée sur le front russe, à Kharkov tout
d’abord, puis à Koursk pendant l’été. La division, qui a perdu une grande partie de ses hommes et de son matériel, est envoyée progressivement en France dès janvier 1944 dans la région de
Montauban et de Toulouse.
Les crimes de la Das Reich en France.

La division, renommée 2-SS Panzer Division « Das Reich », est reconstituée avec l’arrivée de 9 000 hommes âgés en général de 17-18 ans, notamment de
nombreux Alsaciens, mais aussi des Hongrois, Roumains, Russes, Luxembourgeois, Polonais, Yougoslaves et autres nationalités, soit un total d’environ 18 000 hommes. Cependant, le matériel
reçu est largement en deçà du nombre théorique.
Durant cette même période, les rumeurs d’un futur débarquement allié en France sont de plus en plus insistantes. Dans le sud-ouest de la France, les maquis se sont
multipliés depuis l’hiver 1943 et l’armée allemande présente en France craint d’importantes actions de la Résistance en cas de débarquement, notamment à l’arrière pour ralentir la remontée des
troupes allemandes.

De gauche à droite: Kämpfe, Krag, Stückler,
Lammerding Le général SS Lammerding
Les ordres du SS-Brigadeführer Heinz Lammerding, commandant la Das Reich, sont précis : maintenir la liberté des communications, réprimer toute aide que
les populations pourraient apporter aux maquisards et écraser toute tentative de soulèvement, puis en cas de débarquement allié, se diriger vers le front en ratissant toutes les régions
traversées pour réduire les mouvements de résistance. Ainsi,
le 2 mai, à Montpezat-de-Quercy, un accrochage entre des maquisards et des SS à 2 km du village entraîne une action de représailles, où 4 civils sont tués, 22 hommes déportés et 16 bâtiments
incendiés.
Par ailleurs, les miliciens infiltrés dans les maquis indiquent à la Gestapo
les lieux de rassemblement des maquisards, leurs dépôts et zones de parachutage. Les SS se chargent des opérations de représailles qui débutent le 11 mai 1944. Les unités du régiment « Der
Führer » atteignent Cabrerets, où un ouvrier agricole est tué et 2 autres personnes arrêtées. Le détachement se rend ensuite à Lauzès, où une femme et sa fille sont assassinées. Les
représailles continuent à Orniac, Cardaillac, Bagnac, Blars, Terrou, Latronquière, Molières…
Le 12 mai, les SS fusillent sans motif à Niel une famille entière, les parents et leurs 5 enfants. Une autre famille est massacrée à la
Garrigue. D’autres villages dans le Lot sont victimes des meurtres, arrestations, maisons incendiées et pillages : Assier, Gramat, Molière, Sousceyrac. A Figeac, les SS arrêtent près de 700
hommes qui seront pour la plupart déportés.
Chaque fois, le même mode opératoire : encerclement du village, rassemblement de la population puis commencement des exactions. En
Russie, Lammerding était aussi le chef d’état-major du général SS Bach-Zelewski, chef des unités chargées de lutter contre les partisans. Les méthodes sont restées identiques. La riposte nazie
sera de plus en plus disproportionnée, les SS essayant d’entraîner la population à se retourner contre les maquisards.
Le 21 mai, le 1er bataillon du régiment « Der Führer » atteint Devillac où un dépôt d’armes est découvert dans une maison. Lacapelle-Biron, Blanquefort, Montflanquin endurent les représailles. Le lendemain, la 3e compagnie de ce même régiment se dirige vers Freyssinet-le-Gélat. Là-bas, les habitants reçoivent l’ordre de se rassembler. Soudain, un coup de feu est tiré, tuant le grenadier Günther Friedhoff. Les SS pendent 3 femmes devant la population : Agathe Pailles, l’auteur du coup de feu, et ses deux nièces. Les corps sont jetés dans leur maison, incendiée par les SS. Après la pendaison, des SS saisissent une autre femme dans la foule et l’abattent à bout portant. Otto Kahn, chef de la 3e compagnie, désigne dix personnes qui sont aussitôt alignées devant le reste de la population et fusillées. Dans la nuit, les SS quittent le village après avoir pillé chaque maison.
Le 1er juin, une unité du 2-SS Panzer Regiment patrouille à Limogne,
provoquant la panique parmi la population, les villageois tentent de s’enfuir mais six d’entre eux sont abattus. Trois autres civils sont tués à Frontenac et à Cadrieu. Le lendemain, suite à une
embuscade, les SS se vengent à Camburat, Saint-Bressou et à Terrou.
Le 3 juin, près de Figeac, un officier allemand et sa femme sont tués. Une heure après, une trentaine de blindés et un peloton motocycliste
attaquent toutes les habitations se trouvant sur leur route. A Viazac, sept habitants sont abattus sur les lieux de l’embuscade. A Cayla, deux familles subissent le même sort : dix morts.
Sept autres hommes sont tués peu après.
Le 6 juin, les troupes
alliées débarquent en Normandie. Lammerding ordonne le regroupement de toutes les unités pour remonter vers le front. Le départ de la division débute le 6 juin au soir. La Résistance se manifeste
et tente de stopper la remontée vers la Normandie. Cela fonctionne : les embuscades retardent l’avancée de la Das Reich mais entraînent des représailles.
Des soulèvements sont observés, notamment à Tulle où le 7 juin, les FPT attaquent
la ville ; Le 8, une fusillade avec les maquisards tue 43 soldats allemands. Le restant de la garnison se rend. Dans la soirée, une unité du bataillon de reconnaissance SS entre dans la
ville, mais les FPT, inférieurs en nombre et en armement, doivent abandonner Tulle. Le lendemain, les SS veulent pendre 250 hommes, prétextant que les cadavres allemands avaient été mutilés.
Cette thèse est réfutée par le Dr Schmidt, médecin de la garnison, en affirmant le contraire et en soulignant que les blessés avaient été soignés à l’hôpital. Le 9 au matin, Lammerding, présent à
Tulle, ordonne la pendaison de 120 « maquis ».
L’abbé
Jean Espinasse parvient à épargner la vie de quelques prisonniers après avoir discuté avec le chef de la Gestapo locale, Walter Schmald. Un soldat alsacien, Elimar Schneider, sauvera aussi un
jeune tulliste. Sous le commandement de l’officier SS Kowatsch, 99 hommes sont pendus dans les rues de Tulle et 149 autres déportés au camp de Dachau. Le même jour, des SS du régiment « Der
Führer » procède à des représailles à Argenton-sur-Creuse, libérée prématurément par la
Résistance.
Le lendemain, l’horreur atteint son sommet à Oradour-sur-Glane où 642 hommes, femmes et enfants seront massacrés par les SS de la
3ème compagnie du régiment « Der Führer » (voir article sur Oradour: http://normandie1944.over-blog.com/article-11835193.html). Ce même 10 juin, des éléments du régiment « Deutschland »
massacrent 28 civils à Marsoulas, dans la Haute-Garonne.
Les combats en Normandie.
Les premiers éléments de la Das Reich arrivent en Normandie le 16 juin. Le 26 juin, le groupe de combat Weindinger rejoint la région de Caen où combattent les
Britanniques. Le 28, le groupe, composé du 1er Btl, de la 13e, 14e, 15e et 16e Cie du régiment « Der Führer » et du 1er
Btl du régiment « Deutschland », tente diverses contre-attaques qui échouent face aux Ecossais de la 15e Division d’infanterie.
Les pertes allemandes sont importantes du 28 juin au 1er juillet : 180 tués, 408 tués et 126 disparus. Dans le secteur américain, du 3 au 10 juillet, les pertes sont de 119 tués et 457 blessés et disparus. La division combat à Saint-Lô, puis à Coutances, Périers, Marigny et Saint-Denis-le-Gast vers la fin juillet. Suite à l’opération Cobra débutée par les Américains le 25 juillet, certaines unités sont encerclées dans la poche de Roncey le 30 juillet 1944.
La division participe à la contre-attaque de Mortain le 7 août (opération
Lüttich). Les SS reprennent la ville mais la contre-attaque américaine les oblige à reculer, mais durant plusieurs jours ils tentent désespérément de prendre la ville et ses hauteurs, notamment
la côte 314, tenue par un bataillon de la 30e division d’infanterie. Les troupes allemandes doivent reculer et l’opération Lüttich se solde par échec.

Prisonniers du Régiment "Deutschland" à
Notre-Dame-de-Cénilly (Manche), le 28 juillet 1944
Vers la mi-août, la 7e armée est prise dans l’étau allié. Le 19, la Das Reich, pour préserver une chance à l’armée allemande de sortir de ce piège,
contre-attaque sur la colline 262 à Montormel, prise le jour même par les soldats de la 1re Division blindée polonaise. Près de Boijos, les Polonais doivent affronter le régiment
« Der Führer » et les blindés du 2- SS Pz Regiment pendant 3 jours. Les actions de la Das Reich et de la division Hohenstaufen ont permis à de nombreux soldats allemands de s’échapper
de la « Poche de Falaise ». La division réussit à franchir la Seine et s’enfuit vers l’est.
La division Das Reich participe à la Bataille des Ardennes en décembre 1944, puis prend part aux dernières offensives en Hongrie, et durant sa retraite, combat à
Dresde, Prague puis à Vienne. Elle se rend aux troupes américaines en mai 1945.
Sources:
La résistance dans le Quercy (www.quercy.net)
Das Reich (Philip Vickers)

















